Nobilitas quid est ?

Qu'est ce que la noblesse ?

Noblesse des anciens Etats de Savoie

par Cédric Mottier

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Cédric Mottier, Typologie sociale du groupe nobiliaire de la terre de Gex au seuil de l'invasion bernoise de 1536, [version augmentée du mémoire de diplôme de l'EHESS présenté en décembre 2000 sous la direction de Robert Descimon], 318 p. hors annexes, Dijon, 2001.


Résumé : En 1536, la moitié des nobles de la baronnie de Gex ne voient pas leur noblesse remonter avant le milieu du XVe siècle. Ce fort renouvellement s'observe en de semblables proportions en d'autres régions et vers la même époque. Il est destiné à compenser les extinctions biologiques et les déchéances sociales.

La reconstitution et l'analyse des généalogies des anoblis ou nobles récents gessiens de 1536 a révélé la quasi-absence de recours aux lettres de noblesse, hormis dans un cas : l'anoblissement était encore essentiellement « taisible ».

Suivant une définition vassalique princière qui s'est faite jour au XIVe siècle pour le moins, est noble (ou reconnu comme tel) celui qui sert le prince, les armes à la main (le fief noble étant le vecteur par excellence des obligations militaires), mais aussi, et de plus en plus, ceux qui - vassaux d'un genre nouveau - écrivent des lois pour assoir son pouvoir, voire lui prêtent l'argent dont il a toujours plus besoin.

D'autre part, aspect non des moindres, est noble celui reconnu comme tel par les nobles eux-mêmes, en lui donnant en mariage l'héritière de leur fief (surendettement à l'égard d'un prêteur roturier) ou, à un échelon moindre, une cadette ou une illégitime (intégration des clientèles), qui n'apportent certes pas de biens nobles mais une "aura" certaine, de tels mariages se révélant aptes à conforter suffisamment les prétention à la noblesse des enfants qui en sont issus et dont a « bleui » le sang, vecteur d'une partie de la virtus des lignages maternels.

Enfin, les prédécesseurs de quelques anoblis de 1536 ont conforté localement leur pouvoir, s'imposant à la communauté des habitants dont ils étaient issus en usant du prestige et de certaines exemptions ou concessions de droits acquises par leur connaissance personnelle du duc, comme tailleur ou chambrier, ou lorsque leur épouse avait vécu à la cour comme nourrice des enfants ducaux, concessions leur vallant de détenir des lettres patentes dotées d'une haute valeur symbolique car émanant de la personne du duc et des membres de son conseil.

Au sortir, cette étude montre que la noblesse gessienne de 1536 est peu homogène, tant en termes de prestige que d'assises matérielles et financières, qu'elle est numériquement importante (78 feux ou 390 individus, soit 4,3 % de la population de la baronnie estimée à 9000 habitants en 1536, ou encore 1,01 noble au km carré en considérant pour la baronnie de Gex une superficie totale de 385 km carré) et que son renouvellement échappe essentiellement à la volonté princière.


Carte de la baronnie de Gex (XVe siècle)

Consulter le tapuscrit dans une bibliothèque en France ou en Suisse



Cédric Mottier, " Les Genevois reconnus nobles en terre de Gex au seuil de 1536. Essai de typologie sociale et politique de la noblesse genevoise, critères et concepts de noblesse ", [communication à la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève du 7 octobre 2004], dans Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève, t. 32-35 (2002-2005), Genève, 2008, pp. 3-30.


Résumé : L'analyse porte sur un corpus de 19 chefs de feux, appartenant tous aux élites urbaines de la cité épiscopale à une époque-clé de son histoire.

Qualifiés de nobles dans des reconnaissances de fief qu'ils passent au profit de la Maison de Savoie au titre de sa châtellenie-baronnie de Gex, que leur vaut cette qualification ? Quels sont les fondements de leur noblesse extra-genevoise ? Celle-ci a-t-elle pesé sur leurs choix politiques au cours des événements ayant conduit la cité à son indépendance (1519-1536) ? Quelles sont les variables de leur engagement ? A l'inverse, selon quels critères était-on qualifié de noble à l'intérieur des murs de la cité ? Quels sont les concepts de noblesse sous-jacents et leurs évolutions entre le bas Moyen Age et le début de l'époque moderne ?

Par-delà les questions nobiliaires, le contexte politique de la Réforme s'en trouve précisé.

Article téléchargeable depuis www.shag-geneve.ch



Cédric Mottier, " Le procès des Dumonthay, usurpateurs de noblesse (1580-1582), ou la plume contre la robe. Vers la formation d'une noblesse d'Ancien Régime dans les Etats de Savoie ", dans Les Etudes Savoisiennes n°s 13-14 (2004-2005), Université de Savoie, Chambéry, 2007, pp. 93-144.


Résumé : Partant de l'étude approfondie d'une procédure conduite devant la Chambre des Comptes de Savoie, et en resituant ses éléments dans une perspective diachronique et un contexte plus global (dont institutionnel), j'ai mis en exergue les tournants irréversibles qui se sont produits dès 1559, en Savoie - un siècle avant la réformation colbertienne en France -, en matière d'anoblissement, de vie noble et de mode de preuve, soit l'instauration, au moyen des institutions judiciaires et financières centrales, d'un contrôle princier exclusif sur le renouvellement du groupe nobiliaire, préfigurant d'ors et déjà la situation d'Ancien Régime.


Article téléchargeable depuis www.cour-de-france.fr




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Copyright © 2011-2012 Cédric Mottier, historien-chercheur, ancien élève de l'EHESS de Paris