Nobilitas quid est ?

Qu'est ce que la noblesse ?

Noblesse des anciens Etats de Savoie

par Cédric Mottier

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Cédric Mottier, Les intérêts domaniaux de la Maison de Savoie dans les anciens Pays de l'Ain. Etude sur les reconnaissances de fief reçues au titre des châtellenies des bailliages de Bresse, Bugey et Gex (XIVe-XVIe siècles), Archives départementales de l'Ain, Bourg-en-Bresse, 2004, 316 p.

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Ci-contre : L'expansion de la Maison de Savoie dans
les anciens pays de l'Ain (carte tirée de l'ouvrage)


Ci-dessus : Limites des châtellenies des bailliages de
Bresse, Bugey et Gex au XVe siècle (carte tirée de l'ouvrage)



Pour s'imposer en Pays de Vaud, coutumier, la Maison de Savoie a largement recouru à ce droit savant écrit

(ref. B. ANDENMATTEN, La Maison de Savoie et la noblesse vaudoise (XIIIe-XIVe s.). Supériorité féodale et autorité princière, Mémoires et documents édités par la Société d'histoire de la Suisse romande, 4e série, t. VIII, Lausanne, 2005, 722 p.)

né dans le nord de l'Italie au milieu du XIIe siècle et devenu instrument, sinon fondement, de pouvoir princier en ces terres d'Empire de l'ancien royaume d'Arles, dans lequel s'étaient diffusés les liber feodorum à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle

(ref. G. GIORDANENGO, « Epistola Philiberti. Note sur l'influence du droit féodal savant dans la pratique du Dauphiné médiéval », dans Mélanges d'Archéologie et d'Histoire, vol. 82, n° 2, p. 809-853, Ecole Française de Rome, 1970, téléchargeable depuis www.persee.fr ; G. GIORDANENGO, « Qualitas illata per principatum tenentem. Droit nobiliaire en Provence angevine (XIIIe-XVe siècle) », dans La noblesse dans les territoires angevins à la fin du moyen âge. Actes du colloque international organisé par l'Université d'Angers, Angers-Saumur, 3-6 juin 1998, réunis par Noël Coulet et Jean-Michel Matz, Collection de l'Ecole Française de Rome - 275, 2000 ; G. GIORDANENGO, « « Le vassal est celui qui a un fief ». Entre la diversité des apparences et la complexité des évidences », dans [actes de la] XXVIII Semana de Estudios Medievales, Estella, 16 a 20 de julio de 2001, « Señores, siervos, vasallos en la alta edad media », Pamplona, 2002, p. 75-126 ...).



Au plan princier, le recours aux "reconnaissances de fief" (aveux et dénombrements extrêmement détaillés, tant pour des biens nobles que roturiers, apparus à la fin du XIIIe siècle) se généralise progressivement à partir du XIVe siècle, corrélativement à l'essor du "notariat public" ; dès lors, la réception à intervalles réguliers (ca. tous les 20-25 ans) de ces actes de la pratique, reflets d’une pensée juridique cohérente et éprouvée,

(ref. C. MOTTIER, Les intérêts domaniaux de la Maison de Savoie, op. cit., p. 165-167 ; p. 211, synoptique),

véritable « littérature grise » permettant à des représentations de l'Etat de se faire jour

(ref. P. BOURDIEU, O. CHRISTIN, P.-E. WILL, « Sur la science de l'Etat », dans Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 133 (2000), p. 3-11, téléchargeable depuis www.persee.fr),

est l'une des émanations les plus manifestes de la vitalité que la Maison de Savoie en particulier, au prix d'efforts financiers importants, entendit donner à ce droit.



A l'invitation de Bernard Andenmatten, il m'a été donné d'exposer à l'Université de Lausanne, le 9 mars 2009, en un séminaire de recherche d'histoire médiévale intitulé Le fonds de Savoie des Archives départementales de la Côte-d'Or (Dijon) : contribution à l'étude de la féodalité tardo-médiévale, diverses réflexions qui me sont venues depuis 2004, année de parution de mon livre Les intérêts domaniaux de la Maison de Savoie, op. cit., ayant intégré depuis les apports des divers travaux précités.

Consignant et gérant ses droits châtellenie par châtellenie, la Maison de Savoie nous donne l'impression d'avoir longtemps « régné » en seigneur de châteaux, ce qui contraste avec sa qualité comtale, puis ducale, ainsi que ses qualités de prince d'Empire et de vicaire impérial ; toutefois, ces dignités, concédées par l'empereur à un fidèle allié, et le fait que la Maison de Savoie ait bâti son essor politique régional en soutenant la cause impériale, expliquent que les Humbertiens n'aient apparemment pas cherché à remettre en question l'autorité impériale, renonçant en quelque sorte à se comporter en des « empereurs en leur principauté » - même si, comme me le faisait remarquer le Pr Denis Tappy (Université de Lausanne), il semblerait que l'apparition des premières lettres de noblesse soit concomitante à l'érection du comté de Savoie en duché, en 1416.

Dans les Etats de Savoie, c'est sous la restauration d'Emmanuel-Philibert (1559) que les ducs adopteront une conception régalienne de leur pouvoir, dont l'une des manifestations la plus patente sera l'instauration, en quelques années, d'un contrôle exclusif du renouvellement du groupe nobiliaire par le duc, au moyen des institutions judiciaires et financières centrales (soit un siècle avant la réformation colbertienne de la noblesse en France)

(ref. C. MOTTIER, « Le procès des Dumonthay, usurpateurs de noblesse », op. cit. ),

supplantant la précédente définition vassalique princière de la noblesse, telle qu'on pouvait l'observer notamment en terre de Gex aux XIVe-XVe siècles

(ref. C. MOTTIER, Typologie sociale, op. cit., 2e partie, chapitre 1).



En tant que matériaux pour la recherche historique, les reconnaissances de fief permettent ni plus ni moins de décrire la plupart des catégories de capitaux à considérer lorsque l’on se livre à une analyse des dynamiques sociales et familiales

(ref. P. BOURDIEU, « Stratégies de reproduction et modes de domination », dans Actes de la recherche en sciences sociales , année 1994, vol. 105, n° 1, p. 3-12, téléchargeable depuis www.persee.fr).



Une étude prosopographique de ces praticiens du droit féodo-vassalique :


Cédric Mottier, " Les commissaires aux extentes des principales seigneuries ecclésiastiques basées à Genève avant la Réforme (milieu du XIVe - début du XVIe siècles). Un autre versant de l'administration territoriale à la fin du Moyen Age "


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Copyright © 2011-2012 Cédric Mottier, historien-chercheur, ancien élève de l'EHESS de Paris